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Comment parler de la guerre en Ukraine avec les enfants et les ados ?

Pas facile de trouver comment parler de la guerre en Ukraine aux enfants et aux ados ! Je te propose donc d’anticiper en faisant le plein de conseils et d’outils pour t’aider à mener cette discussion de main de maître !

Parfois, on n’a pas le choix

On n’a pas toujours d’autre choix que de devoir parler de ces sujets aux enfants et aux ados. Les temps qu’ils passent en collectivité font qu’ils en entendront très probablement parler en dehors de la maison, où ils rapporteront ensuite leurs questionnements et leurs inquiétudes. Mieux vaut donc se préparer à savoir quoi répondre à ces questions. On peut aussi avoir envie d’anticiper les choses en abordant la question pour poser directement des bases saines. Mais il n’est pas facile de savoir comment faire. Je te propose donc un petit récapitulatif des bons réflexes à garder en tête.

Je me renseigne, je m’informe

Difficile d’expliquer quelque chose qu’on ne comprend pas soi-même! Alors la première étape, c’est de s’informer, auprès de sources d’information certifiées, cela va sans dire. Or, on peut tout.e.s être victimes d’une information erronée, et c’est une question qu’il va de toute façon falloir aborder, surtout avec les ados. En effet, leur première (et souvent la seule!) source d’informations est généralement les réseaux sociaux, où l’on trouve le meilleur… comme le pire! Il faudra donc apprendre à faire le tri.

Pour t’aider dans cette course à l’information de qualité, tu peux consulter l’article dans lequel j’ai répertorié des ressources utiles pour parler de la guerre aux enfants et aux ados.

J’écoute et j’accueille les émotions

Se mettre à l’écoute des questions et des inquiétudes des enfants, c’est la base… et ce n’est pas toujours aussi facile que ça! Cela nécessite de bénéficier d’un cadre favorable, qui ne correspond pas toujours aux moments où les enfants se sentent disposés à s’épancher sur leurs émotions! En tout cas, on fait au mieux pour se rendre disponible afin d’accueillir les émotions.

Cette posture d’écoute offre un gros avantage : elle permet d’apaiser une des grandes inquiétudes de l’adulte, j’ai nommé le « et si je lui créais plus d’inquiétudes encore en abordant avec elle/lui des questions qu’elle/il ne se posait pas ? ». Ici, au moins, on part de ses questions, et ça facilite bien les choses!

En outre, les inquiétudes des enfants ne sont pas toujours celles qu’on pensait. Dans le cas présent, les grandes peurs des enfants s’orientent vers le risque nucléaire, la peur d’une 3ème guerre mondiale… mais ce pourrait très bien être aussi l’inquiétude de voir le prix du carburant s’envoler, avec des répercussions sur les moyens financiers familiaux, et la peur de manquer d’argent. Ecouter permet donc de comprendre où est le problème, et d’y répondre au mieux.

Ecouter, cela veut aussi dire s’arrêter au bon moment. C’est une attitude courante des enfants, et qui déconcerte souvent les adultes : les questions s’arrêtent parfois aussi vite qu’elles ont commencé. C’est bon signe! Cela veut très probablement dire que l’on a répondu à LA question, sans parfois même s’en rendre compte. C’est donc le bon moment pour arrêter la conversation… ce qui est parfois compliqué quand on avait préparé un super exposé dont on était pourtant assez fier.e! Les réponses courtes, claires et avec des supports adaptés si besoin, sont les meilleures! Et s’ils ne souhaitent pas en parler, on ne les force pas.

J’adapte ma réponse à l’enfant

Dans le cas où l’enfant serait à la recherche d’informations, l’important est de trouver un équilibre entre deux attitudes diamétralement opposées mais aussi néfastes l’une que l’autre. La première consisterait à couper court aux questions, ou à minimiser la situation (« t’inquiète pas l’Ukraine c’est super loin de chez nous et c’est impossible que ça nous arrive à nous! »). La seconde tendrait vers une surexposition aux informations, et surtout aux images, de tous horizons.

Nier le problème ne résout rien : il est indispensable de répondre aux questions que l’enfant se pose. L’imagination des jeunes est sans limites, et bien souvent pire que la réalité elle-même. Il s’agit donc d’assouvir son besoin de réponses en tâchant d’être authentique et juste dans les informations données, tout en les adaptant à la personne à qui l’on s’adresse. Et je ne parle pas ici d’âge, mais plutôt de maturité émotionnelle. Il me parait obligatoire de dépasser la simple question de la capacité à comprendre intellectuellement une situation, pour se demander si l’enfant/l’ado pourra la recevoir du point de vue des émotions. En clair, il n’y a rien de mal à s’appuyer sur un journal donné pour les 6-10 ans quand on en a 13, si les supports proposés à ma classe d’âge risquent de me choquer.

Enfin, gardons en tête que s’il n’est ni possible ni bénéfique de vouloir protéger les enfants coûte que coûte des actualités, l’adulte peut en tout cas les protéger d’un chose : la surexposition aux informations. Il faut absolument procéder à un tri, et consacrer des temps donnés à l’info, en dehors desquels l’enfant doit pouvoir vivre sa vie d’enfant.

Agir

Agir, c’est parfois la meilleure façon de se sentir mieux! D’autant plus lorsqu’on se sent impuissant.e face à des événements qui nous dépassent. On peut alors encourager l’enfant ou l’ado à s’investir, afin de lui montrer qu’il a les moyens de changer les choses, à sa hauteur. Par exemple, en participant à des collectes de dons, voire même en les organisant, ou en s’investissant auprès d’organismes qui interviennent auprès des victimes de guerre.

Récapitulons :

J’accueille les émotions et je me mets à l’écoute de l’enfant.
Je réponds simplement à ses questions, en restant authentique honnête. Pour cela, je peux m’appuyer sur des contenus adaptés à sa sensibilité, en me gardant de trop en dire ou trop en montrer.

Quelques ressources pour aller (encore) plus loin

Des ressources comme s’il en pleuvait!

Comment? Tu n’as pas encore consulté l’article dans lequel je répertorie une foule de ressources utiles aux enfants, aux ados, mais aussi aux adultes, pour comprendre et s’informer sur le conflit en Ukraine ? Mais qu’attends-tu ??? C’est par ici!

Le site Apprendre à éduquer

L’article « Les attitudes parentales qui aident à apprivoiser la peur (et celles qui la censurent) » du site Apprendre à éduquer t’aidera à gérer la peur des enfants.

Une émission Radio France

La radio France Culture a consacré un numéro de son émission « Être et Savoir » à la question qui nous occupe aujourd’hui « Comment parler de la guerre en Ukraine avec les enfants et les ados ?  » (je la rappelle au cas où tu aurais décroché!).
Je vais être honnête avec toi : elle est intéressante, je ne dirai pas le contraire, mais si ton besoin est d’avoir des outils efficaces rapidement, tu vas être un peu déçu.e. De bonnes pistes sont apportées pendant ces 58 minutes, mais c’est surtout l’occasion pour les invité.e.s de faire une analyse du contexte qui n’est pas toujours orientée vers le pratico-pratique et les solutions à appliquer.

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