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La difficile question du trop ou pas assez

C’est cadeau !

A mon avis, le pack « culpabilité-pression-questionnements sans fin » est livré directement avec l’enfant quand tu deviens parent. Tu ne choisis ni le sexe, ni la couleur des cheveux, ni s’il fera ses nuits, pas plus que tu ne choisis d’être calme et détendu.e en toute circonstance.

De fait, c’est pire si tu as déjà vécu des périodes très difficiles pour et avec ton enfant, puisque cela te fait directement bénéficier d’un accès gratuit et illimité au club de la question qui tue.
Tu ne vois pas de quoi je parle ? J’aimerais te dire que c’est une bonne nouvelle, que cela signifie sans doute que tu n’as pas tes entrées dans le carré VIP de la question qui tue… mais je crois plutôt que c’est juste que tu n’as pas réalisé que tu avais adhéré au club !

On va vérifier ça tout de suite : si le prochain paragraphe te parle, c’est qu’on est dans la même galère ! (J’en profite pour rassurer toutes celles et ceux qui s’inquiètent de ne rien avoir compris au paragraphe précédent non plus : j’en viens au fait, rassurez-vous !).

C’est la question qui tue.

La question est la suivante : 

« Où est la limite entre trop s’inquiéter ou pas assez? » 

Remarque bien que la question du trop/pas assez s’applique à tous les domaines (Trop d’activités extrascolaires ou pas assez ? Trop de pression sur les devoirs ou pas assez ? Trop sur son dos ou pas assez ?). Mais parce que tu n’as pas toute la vie devant toi et que je ne voudrais pas abuser de ton temps, je vais m’en tenir au seul domaine de l’inquiétude… Que je maitrise assez bien, crois-moi !

Il ne t’aura pas échappé, si tu suis mes aventures depuis un moment, que si l’idée d’apaiser les relations avec l’Ecole m’est venue quand j’étais prof, la vie a été assez taquine pour faire en sorte que j’en aie vraiment besoin aussi en tant que maman. 

Sauf que, problème : quand tu es parent… eh bah tu es parent !
Si bien qu’alors même que je tâche de me rassurer sur mes grrrrrandes compétences professionnelles, quand il s’agit de les appliquer à mes enfants… c’est compliqué ! (Cf point 1 du pack offert avec l’enfant : CULPABILITE ! 

Alors, si je m’applique à penser que le vivre personnellement m’aide à mieux accompagner celles et ceux qui font appel à moi, j’aimerais quand même bien être capable d’offrir une enfance de qualité à ma progéniture ! (Cf point 2 du pack offert avec l’enfant : PRESSION ! 

Et quand, après avoir traversé des périodes difficiles où, pire que souffrir soi-même, on voit son enfant souffrir aussi, on a du mal à ne pas s’inquiéter au moindre petit pépin. (Point 3 du pack offert avec l’enfant : QUESTIONNEMENTS SANS FIN !)  

Et hop ! La boucle est bouclée… Ou presque ! Parce que de toutes les questions qui m’assaillent, la pire, c’est la question qui tue : celle de la limite entre trop s’inquiéter ou pas assez.

Vous en reprendrez bien une petite dose ?

Quand on a vécu des moments très difficiles par le passé, on est à la fois soulagé.e d’avoir pu revenir à une forme d’équilibre… tout en prêtant particulièrement attention aux moindres signes qui pourraient indiquer que l’équilibre précaire est en train de se casser joliment la figure.

Et toujours cette question qui revient : 

« Mais elle est  la limite entre trop s’inquiéter ou pas assez ? »

En ce moment mon fils aîné ne s’endort plus très facilement le soir. C’est un chouïa plus alambiqué que ça, mais je te fais la version courte.

Je m’inquiète ? En général le sommeil est la première chose qui part en sucette quand quelque chose ne va pas…

Ou pas ? En même temps, le fait de trouver difficilement le sommeil, c’est un peu son truc quand même !

Disons que je m’inquiète trop, laissons couler.

Et puis il déclare tout à coup une crise d’urticaire.

Je m’inquiète ? Quand même, l’urticaire, on sait ce que ça veut dire hein…

Ou pas ? Il a dû passer un test PCR un peu musclé, c’est peut-être juste le contre-coup non ? Une crise isolée, ça ne veut rien dire.

Allez, on ne va pas s’alarmer sans raison hein, laissons couler.

Et puis…

Et puis…

Et puis hier, il m’a expliqué que maîtresse lui avait désinfecté la main parce qu’il s’était gratté trop fort.

Et mon sang s’est glacé, parce que la vérité est un tout petit peu plus effrayante que ça : il s’est gratté si fort et si longtemps qu’il a arraché la peau de la paume de sa main sur plusieurs centimètres carré.

C-U-L-P-A-B-1-L-1-T-E

Enorme culpabilité. 

Parce que tu n’as pas trouvé l’équilibre entre le trop et le pas assez… et puis aussi parce qu’il faut l’avouer, si une part de toi essaie de te rassurer sur le fait qu’il ne faut pas s’alerter au moindre petit problème, c’est aussi parce que tu as envie de croire au fait que ça va bien! Qui a envie de se confronter, de nouveau et sans cesse, à la difficulté de trouver les solutions qui permettront de retrouver l’apaisement? Pas le parent fatigué !

Et puis pression, 

et puis questionnements sans fin : évidemment que ton gosse ne te dit pas POURQUOI il s’est arraché la peau (et il ne veut plus dormir). Evidemment qu’il va falloir que tu creuses, que tu tentes, que tu tâches de tomber juste pour trouver la cause, et la solution.

Evidemment que c’est dur, et que ça parait insurmontable.

Alors que… tu es censée être une professionnelle qui maîtrise.

Petit rappel, juste en passant…

Alors je le redis, pour toi, et beaucoup pour moi :

Quand on est le parent, on est le parent. Point

Même si à côté on est le ou la pro qui gère à merveille les enfants des autres. SURTOUT si à côté on est le ou la pro qui gère à merveille les enfants des autres.

Alors on peut chercher de l’aide, pour soi et pour son enfant, c’est plus facile, c’est plus serein, et tout ira bien.

Parce que des solutions, il y en a toujours, et qu’on n’est pas tout.e seul.e.

Je n’ai pas de réponse claire et définitive à la question du trop ou pas assez s’inquiéter. Je peux juste te dire que c’est plus facile d’évaluer où tu te places quand on t’apporte un regard extérieur. C’est (aussi) pour ça qu’EduSens est là !

Je te souhaite une excellente journée, et si cette lecture a résonné en toi, alors n’hésite pas, je suis là !

Cet article est la newsletter EduSens du 22/01/2022. Si tu as aimé et que tu veux recevoir les prochaines newsletters, envoie-moi ton adresse mail!

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