Chronique Buissonnière #5 : Le Harcèlement scolaire, ne plus se taire !

Chronique Buissonnière #5 : Le Harcèlement scolaire, ne plus se taire !

C’est un thème sérieux et complexe que j’aborde dans cette nouvelle Chronique Buissonnière, mais impossible de passer outre. Le 7 novembre prochain, c’est la journée nationale de lutte contre le Harcèlement scolaire. Et comme le premier réflexe pour enrayer ce problème c’est de ne plus se taire, on en parle aujourd’hui !

Quelques chiffres

Le harcèlement scolaire fait partie des principales inquiétudes parentales vis-à-vis de l’Ecole, et pour cause : il concerne tout de même environ 700 000 élèves, selon un chiffre paru en 2018. Cela équivaut à peu près à 1 élève sur 10. Fait notable, le harcèlement scolaire sévit davantage en primaire et au collège qu’au lycée. Malheureusement, ce chiffre semble ne pas vouloir baisser.

Le Harcèlement scolaire, qu’est-ce que c’est ?

On parle de harcèlement dans le cas d’une violence répétée qui peut être verbale, physique ou psychologique. Elle est le fait d’un ou de plusieurs élèves à l’encontre d’une victime qui ne peut se défendre.

Le Harcèlement scolaire répond à 3 caractéristiques :
La répétitivité : des agressions répétées sur une longue période
La violence : un ou plusieurs élèves exercent un rapport de force et de domination sur une victime
L’isolement de la victime : la victime est dans l’incapacité de se défendre

Difficile à repérer

Le harcèlement scolaire n’est pas facile à repérer. Tout d’abord, il peut passer par des agressions verbales et psychologiques, très insidieuses donc. En plus, parce qu’on a dans l’idée qu’il touche les enfants isolés, un peu différents des autres, qui pourraient être attaqués justement à cause de cette différence. C’est vrai, mais pas toujours ! Enfin, il est extrêmement difficile de briser la loi du silence dans ces cas-là.

Pour autant, on peut, en tant qu’adulte (parent ou professionnel), être vigilant à tout changement brusque dans l’attitude des enfants. De toute façon, c’est souvent le signe d’un problème.

Prévenir vaut mieux que guérir

D’autre part, le meilleur moyen d’éradiquer le problème reste la prévention. Il s’agit de mettre en place des outils très tôt avec son enfant. Il n’est jamais trop tôt pour la sensibilisation ! Alors, comme pour les dangers des écrans, on en parle dès petit, et sans tabou !
D’autant plus que, finalement, les thématiques du harcèlement scolaire et des écrans sont très liées. En effet, le cyber-harcèlement augmente, et trouve souvent sa cause dans une utilisation inadaptée des nouvelles technologies, notamment des réseaux sociaux.

On le rappelle alors : une photo de soi, c’est personnel, tout ce qui est diffusé par le biais des écrans peut très vite être envoyé à tout le monde. Mais aussi : partager une telle photo, c’est prendre part au harcèlement !

Le harcèlement scolaire, c’est une victime, des témoins, et un ou des coupables.

Voilà qui n’est pas agréable non plus : se dire que son enfant pourrait être non pas du côté des victimes !
En effet, le harcèlement repose presque toujours sur une dimension collective : il y a le/la ou les coupables, et il y a celles et ceux qui y assistent, qui parfois y participent, mais en tout cas qui savent et ne font rien pour l’arrêter.
Or, lutter contre un groupe, c’est difficile !

La méthode Pikas ou méthode de préoccupation partagée

Justement, c’est sur l’idée même de casser la dynamique de groupe du harcèlement que repose une des méthodes proposées aux professionnels de l’Ecole. Ça s’appelle la méthode PIKAS, à laquelle peuvent être formés les professionnels.

Cette « méthode de la préoccupation partagée » repose sur des entretiens individuels du/de la ou des coupables, qui sont ensuite associé(e)s au règlement du problème dont il(s)/elle(s) sont la source. 

La peur, ciment du harcèlement scolaire

Si les victimes comme les témoins ont tant de mal à parler, c’est parce qu’ils ont peur, et n’agissent pas par peur d’être eux-mêmes victimes de violence.

Parfois aussi, ils ne savent trop que faire. C’est pourquoi il faut, encore et toujours, marteler ce principe de base : il faut demander de l’aide. L’idée n’est pas, en effet, de régler la situation tout(e) seul(e). En parler, c’est aider à régler le problème, sans que toute la responsabilité de la résolution repose sur soi. Il faut juste en parler à quelqu’un en qui on a confiance… Et que les adultes soient prêts à recevoir l’information !

Apprendre à écouter

Et voilà bien encore un domaine dans lequel nous, parents comme professionnels, sommes mal formés ! Que ce soit concernant la conduite à tenir quand on apprend qu’il y a harcèlement, ou tout simplement concernant les bonnes manières de d’être à l’écoute des émotions d’un enfant, le chemin est encore long !

Mais vous savez quoi ? On n’est pas obligés de trouver une solution immédiatement.
De la même façon qu’on a le droit de différer sa réponse quand notre enfant nous bombarde de « J’peux sortir en boîte ? Dis ? Dis ? Dis ? » alors qu’on est seul(e), sans allié(e), et qu’on ne sait que répondre (astuce : on dit qu’on répondra plus tard, ou alors c’est NON !). Là on peut dire qu’on va trouver une solution, réfléchir, soutenir… mais le plus important c’est vraiment d’ÊTRE A L’ECOUTE ! Un « ce n’est rien » est si vite arrivé !

Les émotions, c’est la base !

D’ailleurs, c’est par cette question qu’on pourrait commencer pour diminuer le harcèlement : éduquer les enfants aux émotions dès tout petits ! Ainsi, il est fort à parier que les harceleurs et harceleuses ont quelques difficultés à gérer leur colère et leur frustration. Et surtout, il nous faut travailler l’empathie ! Cette capacité à se mettre à la place des autres est en effet essentielle.  Impossible de continuer à dire « Oh ça va ! Je l’ai insulté(e) moi aussi, mais c’était pour rire, c’était pas bien grave ! » quand on sait être empathique.

Le jeu des 3 figures, de Serge Tisseron

Et dans le cas de la violence scolaire, il y a justement une proposition d’un monsieur que nous connaissons bien à présent : Serge Tisseron. Son jeu des 3 figures consiste à faire jouer aux enfants, dès la maternelle, les trois rôles que l’on retrouve dans les cas de violence scolaire : la victime, le bourreau et le redresseur de torts. Ainsi, les enfants apprennent à ressentir les émotions de chaque rôle, et cela nourri la réflexion.

Des ressources

Je vous propose de retrouver tout un tas de ressources dans l’article « Des outils pour dire STOP! au harcèlement scolaire », et je vous donne deux numéros verts mis en place par le gouvernement :

N° VERT « NON AU HARCÈLEMENT» : 3020
Ouvert du lundi au vendredi de 9h à 20h et le samedi de 9h à 18h (sauf les jours fériés)
Si le harcèlement a lieu sur internet :
N° VERT « NET ÉCOUTE » : 0800 200 000
Gratuit, anonyme, confidentiel et ouvert du lundi au vendredi de 9h à 19h

Et si la gestion des émotions vous intéresse, que vous voulez travailler cette compétence avec votre enfant, n’hésitez pas à vous à me contacter pour connaître les dates des prochains ateliers sur le sujet !

Retrouvez le podcast de cette Chronique Buissonnière en cliquant ici !

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